Dimanche 10 Mars 2013 - 4è Dimanche de Carême.
Livre de Josué 5/10-12.
2nd Lettre de Paul aux Corinthiens 5/17-21.
Evangile de Luc 15/1-3. 11-32.
Travailler à la réconciliation.

Ecoutons l’Apôtre Paul: “Frères, si quelqu’un est en Jésus-Christ, il est une créature nouvelle… Dieu nous a réconciliés avec Lui par le Christ, et Il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation… Au Nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu!...” et nous pourrions rajouter: avec tous nos frères, aînés ou cadets, car nous n’avons qu’un seul Père tel le Père prodigue de la parabole. (Lc 15/11-32.)
Comme au temps de Paul, nous vivons à nouveau dans un monde païen et nous n’y faisons pas la loi malgré nos participations citoyennes méritantes. La mondialisation qui va croissant mélange les cultures, les philosophies, les croyances qui se croisent et s’entre-choquent, chacun voulant faire valoir les droits qu’il croit juste pour lui. Il n’y a plus de pensée unique…
Toujours est-il qu’il nous faut bien prendre acte de cet état de fait sans nous départir de ce ministère de paix, d’unité et de reconciliation qui nous a été confié par le Christ dans ce monde désormais pluriel… Mais peut-être en nous vivant humblement comme le levain enfoui dans la pâte…
Relisons, pour nous éclairer, quelques passages de la Lettre à Diognète qui date du IIè siècle:
“Les chrétiens ne se distinguent pas des autres hommes… Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés.
Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois…
En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite dans le corps, et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n’appartiennent pas au monde…
L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c’est eux qui maintiennent le monde. L’âme immortelle campe dans une tente mortelle: ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l’incorruptibilité du ciel… »
Malgré les contradictions et les souffrances que ce monde nous inflige, chrétiens, vivons dans ce monde comme une humble présence aimante… et continuons de travailler à la réconciliation sans désespérer !
Votre Frère Bernard-Marie.








