Dimanche 9 Février 2014 - 5è Dimanche du Temps Ordinaire: Dimanche de la santé.
Livre d'Isaïe 58/7-10.
1ère Lettre de Paul aux Corinthiens 2/1-5.
Evangile de Matthieu 5/13-16.
Le sel et la lumière.
Le sel et la lumière.
“Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde…” Mt 5/13-14, telle est la Parole du Seigneur qui nous est offerte en ce dimanche de la santé.
Lorsque nous perdons le goût de vivre, lorsque l’épreuve ou la maladie viennent assombrir nos vies ou celles de nos proches, nous faisons l’expérience de la fragilité de notre santé. Malgré les milliards d’euros dépensés par notre société pour en prendre soin, les situations de grande détresse n’en diminuent pas pour autant: maladies génétiques qui touchent les enfants, grands handicaps contractés à la suite d’accidents, cancers qui rongent les corps et les esprits, fins de vie végétatives de nos grands anciens… Cette grande détresse touche gravement les malades mais aussi leur entourage bien souvent désemparé… Il ne faut pas s’étonner que des questions comme celle de l’euthanasie ou du suicide assisté émergent dans nos débats de société. Les évincer ou les refouler qu’au seul nom des principes serait faire preuve de beaucoup de mépris. Elles prennent racines dans des désarrois que nous ne pouvons pas mesurer lorsque nous ne les avons pas vécus nous-mêmes. Elles sont aussi l’expression d’une vraie compassion face aux grands souffrants. Ces débats demandent une grande écoute et un infini respect.
Ou bien la vie et la mort nous appartiennent et nous pouvons en disposer en posant des actes qui interrompent cette vie pour provoquer la mort… ou bien elles ne nous appartiennent pas et nous choisissons alors les accompagnements qui permettront de conduire jusqu’au dernier souffle, dans la paix.
Croyants, nous sommes les défenseurs du second choix. Mais gardons-nous bien de faire la leçon aux partisans du premier qui ne partagent pas notre foi. L’humanité souffrante ne peut pas être l’enjeu de débats où nous nous manquerions de respect. Seul notre humble témoignage pourra convaincre….
C’est en cela que nous pouvons rendre hommage et dire notre gratitude à ceux et celles d’entre nous qui oeuvrent dans les équipes d’aumônerie d’établissements hospitaliers ou au Service Evangélique des Malades. Au nom du Christ compatissant venu partager réellement la passion de l’humanité souffrante, par leur présence humble et discrète, par leurs gestes délicats, par leur écoute et leur parole attentionnées, par leur prière partagée, ils sont en quelque sorte le sel qui permet de garder le goût de vivre et la lumière qui maintient ouverte la porte de l’Espérance qui montre le bout du chemin.
Nous croyons que la dignité humaine a valeur d’éternité même à l’heure des grandes “déchéances” car elle est don de Dieu. C’est pourquoi nous voulons l’accompagner jusqu’au jour de la délivrance.
Frère Bernard-Marie.







