Dimanche 24 Février 2013 - 2ème Dimanche de Carême.
Livre de la Genèse 15/5-12. 17-18.
Lettre de Paul aux Philippiens 3/17- 4/1.
Evangile de Luc 9/28b-36.
Je me souviens d’une femme incroyante, artiste et musicienne, qui était venue assister à l’une de nos eucharisties au Séminaire où j’étais en formation. Au cours du repas qu’elle partagea ensuite avec nous, elle nous dit simplement l’expérience qu’elle y avait vécue : «Ce que je ne comprends pas, nous dit-elle, c’est que vous lisez et chantez des textes merveilleux et cela ne se voit pas sur vos visages: vous avez l’air tout triste!...» Je compris ce jour-là qu’une incroyante portait en germe l’émerveillement d’une transfiguration possible, alors que nous, jeunes futurs prêtres, nous étions déjà affligés des traits moroses des pharisiens rabat-joie de l’Evangile...
«Nous sommes citoyens des cieux!» nous dit St Paul, «nous attendons celui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux... Soyez toujours dans la Joie du Seigneur; laissez-moi vous le redire: Soyez dans la Joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes.» Ph 3/20-21; 4/4-5.
Et si le temps du Carême était justement ce temps qui nous était donné pour passer de la tristesse à la joie, de la grisaille des Cendres à la lumière de la Résurrection, du coeur devenu froid au coeur brûlant, du visage sombre au visage lumineux, du visage défiguré par le péché au visage transfiguré par la grâce du Salut en Jésus-Christ?...
«Mon serviteur réussira, dit le Seigneur; il montera, il s’élèvera, il sera exalté! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme... Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne; et nous l’avons compté pour rien. Pourtant, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé...» Is 52/13-14; 53/2-4. Mystère du Vendredi Saint où le Christ se charge de toutes les dé-figurations du monde pour sa Transfiguration définitive au matin de Pâques.
C’est à cause de ce mystère que le Christianisme est la religion de la Joie. Si nous en sommes, il nous faut alors nous regarder dans la glace avant de nous présenter à nos frères:
Quelle est notre Joie de Croire?
Quelle est notre Joie d’Espérer?
Quelle est notre Joie d’Aimer?
Cela se voit-il sur notre visage? Il en va de la Transfiguration du monde!
Votre Frère Bernard-Marie s'incline profondément devant chacun et chacune d'entre vous car vous êtes tous les ostensoirs de la Présence Divine que vous avez reçue.