Dimanche 14 Novembre - Journée du Secours Catholique.

PARABOLE DES TALENTS Mt 25/14-30
Comment vivre cette Parabole de manière profitable ?
D’abord, il ne faut pas voir en cet homme qui distribue ses talents à ses serviteurs, l’image de Dieu le Père : à la fin de la parabole, celui qui n’a pas fait fructifier son talent est condamné
et rejeté. Jésus dit dans l’évangile – Il est l’image du Père - qu’Il n’est pas venu pour condamner le monde mais pour que tous soient sauvés… Et le Père qui nous a été révélé par Jésus est bien
un Père de miséricorde. Il nous faut donc regarder cette parabole comme la description par Jésus d’une réalité de son temps, de la même manière que nous pouvons voir aujourd’hui un patron qui
donne à ses cadres, à ses employés, un travail à accomplir : des employés de banques par exemple… le banquier leur confie des portefeuilles d’actions à faire fructifier… Celui qui ne les fait pas
fructifier il le met à la porte et ceux qui prennent des risques inconsidérés, les « traders », il les met aussi à la porte et les fait condamner.
Voilà donc l’histoire concrète que Jésus nous raconte, histoire tout à fait d’actualité… Alors, que peut-elle nous dire cette histoire pour nous que le Secours Catholique interpelle à être
solidaires aujourd’hui ?
Notre Père Créateur, nous a fait dépositaires de cette planète bleue sur laquelle nous vivons et chacun selon son lot a reçu quelque chose de cette création… nous avons tous reçus une part, un
talent, chacun selon ses capacités que le Seigneur nous demande de faire fructifier. Nous participons à l’enrichissement de la création par notre manière d’agir avec les talents qui nous ont été
donnés. Dieu est pour l’accroissement des richesses et Dieu nous invite à considérer les biens qui nous sont confiés non pas comme une propriété privée mais comme un don qui doit rester sous
forme de don et qui est à faire fructifier afin de pouvoir partager avec ceux qui ont moins. C’est ça le sens de la charité, c’est ça le sens de la solidarité. Les dons qui sont les nôtres quels
qu’ils soient ne nous appartiennent pas. Nous avons mission de les faire fructifier et ensuite d’en remettre le prix à la création toute entière et évidemment en premier lieu à ceux qui ont faim
et soif, à ceux qui n’ont pas de travail, à ceux qui n’ont pas de logement, à ceux qui n’accèdent pas au bien commun….aux petits, à l’étranger, au prisonnier, aux malades…
En regardant ces belles affiches du Secours Catholique, voyez donc ces enfants qui vous désignent du doigt en vous disant de la part des plus pauvres : « Je crois en toi ! » c’est à dire : « Je
compte sur toi ! »
Lorsque l’enfant naît, il naît avec rien, il est tout nu… ce sont ses parents les premiers qui vont lui donner ses premiers talents. Et dans le regard de son enfant chaque parent peut discerner cette attente : « Je compte sur toi maman ! je compte sur toi papa ! ... Que faites-vous de vos talents ? Les faites-vous fructifier pour les partager avec moi ? » C’est ça la question….et Jésus le dit : « Le Royaume de Dieu appartient à ceux qui ressemblent aux enfants ». Le doigt tendu de ces enfants n’est-il pas finalement le doigt de Dieu, le doigt de l’enfant de la crèche que nous célèbrerons bientôt, qui nous désigne – non pas pour nous accuser – mais pour nous dire l’exigence de l’Amour à faire fructifier…
Vous savez l’Amour c’est la seule énergie au monde qui fructifie sans fin. Le pétrole, bientôt il n’y en aura plus et ce n’est pas une énergie renouvelable. Plus on consommera de pétrole, moins
il n’y en aura. Par contre, plus on aime et plus il y a d’Amour : c’est ça faire fructifier les talents. Le talent reçu de Dieu, l’esprit Saint qui est en vous, c’est l’Esprit d’Amour. C’est ça
être chrétien, c’est faire fructifier en vous l’Amour d’une manière exponentielle pour que l’Amour touche tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants de notre planète et Dieu sait s’il y
a déficit parce que justement la frilosité de ce 3ème serviteur enraye le processus du cercle vertueux : comme les autres, il a reçu la vie et l’Amour… mais il a eu peur, il n’a pas eu confiance.
Il a enterré l’Amour comme il a enterré son argent pour ne pas le partager. Il ne fait pas progresser l’entreprise divine. Mais Dieu merci, encore une fois, ce patron de la parabole des talents
n’est pas le Père que Jésus est venu nous révéler. Dans une autre parabole célèbre, on sait très bien que Dieu le Père quand il voit son fils cadet revenir alors qu’il a gâché tous ses talents,
ne le jette pas dehors… au contraire, il lui redonne de nouveaux talents avec une nouvelle robe, avec une nouvelle bague d’alliance, il tue le veau gras… Il lui redonne sa chance… Formidable
Miséricorde divine… rien n’est jamais perdu pour Dieu…

Laissons-nous donc interpeller par cette belle page d’évangile… Oui les enfants du Secours Catholique nous montre du doigt : « Je crois en toi !... » Avant de dire notre crédo, n’oublions pas non
plus la voix de l’enfant-Dieu qui lui aussi nous interpelle : « JE CROIS EN VOUS ! »
Amen.
Frère Bernard-Marie.