Dimanche 27 Février 2022 - 8ème Dimanche du Temps Ordinaire.
Livre de Ben Sira le Sage 27/4-7.
1ère Lettre de Paul aux Corinthiens 15/54-58.
Evangile de Luc 6/39-45.
54 Frères, au dernier jour, quand cet être périssable aura revêtu ce qui est impérissable, quand cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire.
55 Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ?
56 L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; ce qui donne force au péché, c’est la Loi.
57 Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ.
58 Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue.
1 Co 15/54-58.
Changer nos manières de voir et de parler, sortir des "moi je" et des "toi tu"... Penser le monde, nos vies comme un NOUS!...
Evangile de ce Samedi 26 Février : "Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent"
Il n'y a personne...
L'humanité de notre temps est un musée de cire. Nous voyons des groupes qui font des gestes, occupent des situations, tiennent des rôles... mais il n'y a personne. Le monde est comme un grand cimetière, la maison des morts... il n'y a personne et c'est la grande tragédie de notre époque. Les figurines que nous voyons nous intéressent jusqu'au moment où nous voyons qu'elles ne sont pas vivantes, leurs gestes, leurs attitudes sont immobiles... il n'y a personne.
Autour des tapis verts, il y a des intérêts et des affaires à défendre, il y a des instincts, des impulsions, des besoins physiques, des revendications de groupes, d'individus, mais... il n'y a personne. Les hommes qui y discutent ne sont pas des hommes, ils sont des groupes, des fonctions, ils n'ont pas de mandat humain, ils ne sont que des délégués d'intérêts, de groupes d'instincts collectifs, mais il n'y a personne et la PAIX ne peut sortir de là... les instincts ne peuvent que suivre leur impulsion; ils se mesurent, ils rusent, ils se menacent jusqu'à ce que l'un d'entre eux l'emporte et que les masques tombent... il n'y a personne.
Il n'y a personne derrière le déroulement des conversations; on digère, on rumine, on re-colporte n'importe quoi... il n'y a personne que des amours-propres, des schématismes, de la vanité blessée, de la jalousie, de l'ambition, mais c'est toujours le même jeu impersonnel... une formidable absence... Cela ne signifie pourtant pas que l'humanité ne soit pas intéressante, cela signifie qu'elle n'existe pas encore. L'humanité n'est pas encore née.
On demande à un ouvrier, à un employé des gestes automatiques qui excluent sa présence totale, travail à la chaîne... on n'a que faire de sa présence; pourtant, chacun se sent appelé à donner cette présence totale... les gestes humains de travail sont des gestes de choses... il n'y a personne.
Parce qu'il appartient à un groupe, à une race ou à une couleur, un homme peut être détruit... il n'y a personne. Toute notre vie est "taylorisée", mécanisée... il n'y a personne.
La religion aussi est devenue un déterminisme, un parti comme les autres... même entre des théologiens de diverses écoles... il n'y a personne.
Tant que l'homme n'est pas né, ne s"est pas libéré de ses limites d'individu, d'âge, de race ou de confessions quelles qu'elles soient, tout ce qu'il fait, que ce soit de la théologie, de la législation ou autre chose, tout ce qu'il fait, en lui, se change en instinct, parce que sa racine est un instinct, une impulsion cosmique.
Chacun de nous est d'abord un "hasard"... né tel jour, de tels parents, dans tel milieu, de tels éléments organiques. Nous ne somme pas encore un engagement, nous sommes appelés à le devenir, à devenir une qualité du jour, une création... nous devons nous libérer de ce "hasard"...
Un être qui n'est pas libre fait tout en servitude, tout lui servira à affirmer ce "hasard", ce MOI qui est un "hasard" qui n'est pas NOUS, qui nous est imposé et que nous subissons... il n'y a personne... une grande absence.
L'homme n'est pas, comme on l'a dit, un ange déchu; c'est un animal qui est appelé à naître à son humanité. Il a ses racines dans le sol, dans l'humus (homme vient de humus), il doit aspirer les forces de la nature pour les faire monter vers le ciel et vers l'AMOUR.
Nous sommes un procession d'instincts, nous sommes tous des barbares, nous ne sommes pas nés, et nous sommes appelés à nous libérer de nos servitudes; c'est pour cela que nous ne devons pas être sévères... On ne peut que comprendre l'humanité qui n'est pas encore née...
COMMENT NAÎTRE ?
Texte du Père Maurice Zundel.
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