Solennité de Noël 2015. Messe du jour.
Livre d'Isaïe 52/7-10.
Lettre aux Hébreux 1/1-6.
Evangile de Jean 1/1-18.
"La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c'est lui qui l'a fait connaître." Jn1/17-18.
Quand tous les hommes porteront dans leurs bras le vrai Dieu, l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, le monde nouveau pourra alors naître avec Lui...
Le Prince de la Paix et de la Miséricorde.
Aujourd’hui encore, si nous entendons parler de guerres de religions c’est sans doute parce que le Dieu auquel nous croyons – tant juifs, chrétiens que musulmans – n’est pas le vrai Dieu…
Il faut le reconnaître, nos textes sacrés, Ancien Testament et Coran, malgré les belles pages qu’ils contiennent, nous présentent trop souvent un Dieu guerrier et vengeur et tous nos fondamentalistes et autres intégristes y trouveront toujours des raisons pour justifier leurs conquêtes de terre promise, leurs croisades ou leurs djihads… Moïse, Josué, David, Mahomet et bien d’autres rois et prophètes se réclamant de Dieu, étaient des chefs de guerre. L’enfant de Bethléem, Jésus, l’Homme-Dieu du Nouveau Testament, fait seul figure d’exception…
C’est ce Jésus, cet enfant Dieu, le Prince de la Paix et de la Miséricorde que nous devons accueillir en cette nuit de Noël. Trouvera-t-il de la place dans nos vies et dans nos cœurs ? Au jour de sa naissance à Bethléem cette place a fait défaut et au lieu de naître parmi les hommes, il a dû naître parmi les animaux d’une étable… Curieux destin pour un Prince de la Paix qui finira sur une croix… Tous les jours, c’est la Paix et la Miséricorde que les hommes crucifient au nom de leur faux Dieu !
C’est donc à nous de savoir aujourd’hui si nous voulons vraiment accueillir Celui qui s’est présenté aux hommes comme l’image du vrai Dieu : « Qui m’a vu a vu le Père », « Je suis doux et humble de cœur », « Aimez vos ennemis », « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », ainsi l’a reconnu et désigné Jean Baptiste, celui qui veut éradiquer tout mal, toute guerre et toute haine. On peut comprendre alors pourquoi de simples bergers ont été les premiers témoins de la naissance de ce Prince si différent des autres princes de la terre. Les bergers sont des hommes bons, eux qui se retrouvent si souvent à porter un agneau dans leurs bras. Si tous les hommes croyants de la terre avaient la conscience que le Dieu qu’ils portent est un véritable agneau, alors ils abandonneraient de suite toutes leurs guerres de religions. Est-il pensable de désirer autre chose que la Paix et la Miséricorde lorsque l’on porte un agneau dans ses bras ? Nos enfants le savent mieux que nous eux qui bercent sur leur cœur leur peluche préférée…
« Jésus-Christ est le visage de la Miséricorde du Père » proclame notre bon pape François… et de sa tendresse.... « Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. Elle est la condition de notre salut… La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. »
En cette Année Sainte de la Miséricorde, puissions-nous aller à la rencontre de tous nos frères humains dans ce même état d’esprit, portant un agneau dans nos bras.
Votre frère Bernard-Marie.
