Mardi 25 Mars 2014.
Sommes-nous catholiques?
Chaque jour, la Samaritaine faisait la route de son village jusqu’au puits de Jacob où elle venait puiser l’eau pour elle et pour les siens : Pesanteur d’une tâche quotidienne qui lui coutait de plus en plus… et tâche qui ne lui permettait pas d’étancher sa soif la plus profonde :
« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : Mon âme a soif de Toi ; après Toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. » Ps 62
La Samaritaine interroge Jésus : « Explique-moi : nos pères ont adoré Dieu sur la montagne qui est là, et vous les juifs, vous dites que le lieu où il faut l’adorer est à Jérusalem… » Autrement dit, nous ne savons pas qui croire, nous ne savons pas quelle est la bonne religion… d’ailleurs en est-il une capable de combler notre soif ?... Question bien contemporaine.
« L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité… Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La réponse de Jésus est incroyable, car elle ouvre un champ de Foi qui est sans limite, un champ qui brise les frontières de tous les groupes auxquels nous appartenons et qui, le plus souvent, s’opposent… le champ nouveau qu’ouvre Jésus est vraiment catholique, c’est à dire universel… c’est le champ des vrais mystiques qui ne se laissent enfermer dans aucun temple de pierre… mais qui trouvent leur joie dans l’unique temple de la Présence Divine qui est le cœur de l’homme, le cœur de tout homme ! C’est la découverte en moi et en mon frère de cette intériorité qui me fait devenir vraiment catholique : car je découvre qu’il y a en chaque être comme en moi-même la même soif fondamentale, un désir, une valeur commune réductibles à aucune chapelle.
Si je ne suis plus arcbouté sur mon appartenance de groupe, je deviens comme Jésus, un être universel, un être catholique : « kata » « holos » qui va du particulier à l’entier. Jésus veut « l’oikoumèné » , l’unité du monde habité, belle tâche que portent dans notre Eglise les acteurs de l’œcuménisme et du dialogue inter-religieux.
Nous ne sommes pas catholiques lorsque nous faisons passer en premier les intérêts de nos appartenances de groupe au détriment d’un bien commun bien plus universel : c’est vrai pour nos appartenances religieuses – notre église « romaine » devrait pouvoir rendre à l’ensemble des églises chrétiennes l’usage du mot « catholique » - mais, en ce temps d’élections municipales, c’est vrai aussi pour nos appartenances politiques : Suis-je vraiment français lorsque je m’enferme dans mon appartenance de droite ou de gauche sans ne plus jamais chercher un dialogue respectueux en quête du bien commun pour un mieux vivre ensemble ?
Toutes les races, toutes les cultures, toutes les langues – c’est l’Esprit de Pentecôte – devraient pouvoir trouver leur place dans notre Eglise et dans notre pays. N’est-ce pas cela être « catholique » ?
Frère Bernard-Marie.
