Dimanche 26 Janvier 2014 - 3ème Dimanche du Temps Ordinaire.
Livre d'Isaïe 8/23b - 9/3.
1ère Lettre de Paul aux Corinthiens 1/10-13. 17
Evangile de Matthieu 4/12-23.
L'Eglise c'est une unité de diversités rassemblées...
Une Eglise, portes ouvertes…
Dans son exhortation apostolique “Evangelii Gaudium”, “La joie de l’Evangile”, notre pape François nous interpelle vivement. Voici quelques extraits:
“L’Eglise “en sortie” est une Eglise aux portes ouvertes. Sortir vers les autres pour aller aux péripheries humaines ne veut pas dire courir vers le monde sans direction et dans n’importe quel sens. Souvent il vaut mieux ralentir le pas, mettre de côté l’appréhension pour regarder dans les yeux et écouter, ou renoncer aux urgences pour accompagner celui qui est resté au bord de la route. Parfois c’est être comme le père du fils prodigue, qui laisse les portes ouvertes pour qu’il puisse entrer sans difficultés quand il reviendra.
L’Eglise est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. Un des signes concrets de cette ouverture est d’avoir partout des églises avec les portes ouvertes. De sorte que, si quelqu’un veut suivre une motion de l’Esprit et s’approcher pour chercher Dieu, il ne rencontre pas la froideur d’une porte close. Mais il y a d’autres portes qui ne doivent pas non plus se fermer. Tous peuvent participer de quelque manière à la vie écclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est “la porte”, le baptême. L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles….. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Eglise n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.
Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ… Je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas d’une Eglise préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper, j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt: “Donnez-leur vous-mêmes à manger!” Mc 6/37.
“Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat,” Mc2/28 nous rappelait Jésus cette semaine… Lorsque la loi religieuse devient un carcan qui sépare et qui accable, au risque de mépriser les besoins humains les plus évidents, il y a une perversion que Jésus dénonce sans ménagement.
L’inventeur de la porte, s’il était identifiable, défendrait sans doute son invention en nous rappelant que sa fonction est de permettre d’entrer et de sortir… sa fonction n’est donc pas d’être fermée… et pour nous, c’est le Christ lui-même qui se présente à nous comme étant la porte Jn10/9…. Nous ne pouvons pas être les témoins d’un Christ fermé…
Frère Bernard-Marie.
